A Marseille, une famille se prête au jeu de l'auteur Luc Tartar. Passionné de théâtre et de transmission, il arrive à domicile, une valise remplie de textes, chez des gens qu'il n'a jamais rencontrés avant. Julie Berthier s’immisce dans la rencontre, et capte ce qui dans le quotidien est bousculé...
Interview par Frédéric Gendre dans la revue Nord' (Revue de critique littéraire des Hauts-de-France).
Comment décrirais-tu ton ancrage (littéraire) dans le nord. Il me semble identifier deux pistes, au moins : la Grande Guerre et le « roman familial ». Existe-t-il un lien entre les deux ?
L’ancrage, c’est l’enfance. C’est le petit garçon que je suis qui découvre et observe depuis la voiture familiale les cimetières militaires qui jouxtent les routes nationales et départementales du Pas-de-Calais. L’ancrage, c’est le monument aux morts de Vimy, qu’on aperçoit depuis la route Arras – Lens, si souvent empruntée. L’ancrage, c’est la côte de Vimy, ligne de fracture entre deux mondes, les plaines de l’Arrageois et le bassin minier. Ma famille habitait Arras. Un père directeur d’école, une mère sans profession. Le dimanche, nous rendions visite à ma grand-mère, à Lens. Sur le trajet, nous passions à proximité de Vimy, apercevions de loin le monument aux morts canadien...